Lagunage eaux usées

Dans une optique d’assainissement écologique, le traitement des eaux usées peut passer par une diversité de procédés. Un des principaux recours porte sur le lagunage des eaux usées, mais certains dispositifs à filtre sont également très prisés de nos jours. Il y a entre autres le filtre à sable, le filtre à coco, le filtre planté, le bambou d’assainissement, ou encore le principe des toilettes sèches.

Le lagunage se réalise à partir du principe de l’épuration par microphyte des eaux usées. Il s’agit en effet d’une solution biologique consistant à faire usage d’acteurs végétaux comme des algues et des plantes aquatiques de taille réduite pour assurer le traitement.

Remarque :

On dit qu’un dispositif est écologique lorsque sa présence empêche l’infiltration des eaux grises dans les eaux souterraines.

Quelles sont les dimensions idéales pour un bon lagunage ?

Pour un lagunage correct, la fabrication de bassins est indispensable. Il faut donc 3 réceptacles au minimum avec une profondeur de 100 à 120 cm chacun.

Le premier bassin doit toujours être plus grand que les suivants. Il faut alors compter dans les 6 mètres carrés par utilisateur lors de l’agencement.

Pour les bassins restants, une surface minimale de 3 mètres carrés par habitant est exigée.

Quelles sont les variétés de lagunes existantes ?

Les différentes déclinaisons de la lagune se distinguent par le type de plantes utilisé. Il y a donc la lagune à microphytes et la lagune à macrophytes.

  • La version à macrophytes :

Fonctionnant de la même manière que la filière « filtres plantés », la lagune à macrophytes fait intervenir des plantes de grande taille pour l’assainissement. Celle-ci s’adapte au système d’assainissement non collectif et peut ainsi convenir à un usage domestique.

  • La variété à microphytes :

C’est une déclinaison de la lagune qui fait usage de petites plantes pour l’épuration des eaux usées. Les algues et le phytoplancton sont alors mis en avant pour assurer le bon fonctionnement du dispositif en général. Grâce à la présence de ces végétaux, il n’est plus nécessaire de faire installer une fosse toutes eaux. Cette filière est plutôt dédiée au système d’assainissement semi-collectif.

De quelle manière le lagunage des eaux grises se déroule-t-il ?

Le processus de lagunage des eaux grises ou usées est constitué de cinq étapes principales. Ces phases se succèdent comme suit au sein d’un même dispositif :

  • De bassin en bassin, les eaux usées s’écoulent par gravitation au fur et à mesure de leur arrivée.
  • Avec les nutriments dont ils sont garnis, les effluents se chargent du développement des algues vertes
  • Ces végétaux procèdent progressivement à la libération de l’oxygène dans l’eau de la surface (par un phénomène de photosynthèse)
  • Les bactéries aérobies se nourrissent de l’oxygène y étant libéré pour assurer l’oxydation de la matière organique
  • La matière s’assainit et se décompose grâce aux bactéries anaérobies dans le dispositif

NB :

Aérobie : qui nécessite de l’oxygène pour rester en vie

Anaérobie : qui peut se développer convenablement dans un milieu sans oxygène

Le système de lagunage des eaux usées, quels en sont les avantages ?

Les avantages sont nombreux dans le cadre du lagunage des eaux usées. Que ce soit au niveau du coût, de l’installation, ou de l’utilisation, ce système d’assainissement présente des atouts innombrables au bénéfice des usagers. Voici en détail les principaux avantages offerts par ce type de dispositif :

  • La technique de lagunage est simple et donc peu onéreuse
  • Elle convient aussi bien aux grands terrains de camping qu’aux petites collectivités
  • Le dispositif peut être durable jusqu’à plus de 20 ans si les bassins sont bien étanches
  • Les nuisances auditives n’ont aucune chance de dominer la résidence
  • Les risques sanitaires sont nettement moindres par rapport à d’autres types de dispositif d’assainissement

Existe-t-il des contraintes quant à l’adoption du lagunage des eaux usées ?

Les contraintes existent, oui, mais celles-ci sont moindres si l’on tient compte de tous les avantages afférents à l’utilisation du système de lagunage. Les éléments suivants sont alors à prendre en considération dès que le projet vous vient en tête :

  • Il faut souvent des surfaces de terrain importantes pour le lagunage
  • Plusieurs bassins sont nécessaires pour un fonctionnement optimal du dispositif
  • Des digues relativement larges (au moins de 4 m) sont à prévoir pour permettre un entretien du système par un véhicule
  • Les bassins doivent être rectangles de préférence pour assurer pleinement leur fonction (3 m * 1 m)

Qu’en est-il des entretiens à apporter à l’ensemble du dispositif ?

Comme pour tout système d’assainissement collectif ou individuel, des tâches d’entretien sont à apporter régulièrement pour assurer la pérennité de l’installation. À part les séances de nettoyage classiques, voici une liste des  interventions à prévoir :

  • Sur les digues : la végétation doit faire l’objet d’un fauchage tous les 4 mois.
  • Dans les bassins : les boues doivent être retirées tous les 5 ou 10 ans (en fonction de la taille des réceptacles)
  • Sur tout le dispositif : des séances de dératisation sont à prévoir régulièrement pour lutter contre l’invasion des rongeurs
  • S’agissant d’un système d’assainissement écologique, le lagunage n’est donc pas agréé. Pour cette raison, son adoption nécessite une autorisation spécifique émanant des autorités locales compétentes.

Astuces :

  • Les boues retirées du fond des bassins peuvent être réutilisées comme des agents fertilisants sur des surfaces d’épandage.
  • Pensez à concevoir un îlot à canards dans le troisième bassin. C’est une méthode efficace pour limiter l’envahissement du dispositif par des lentilles d’eau. Les canards se nourrissent en effet de ces végétaux sans la moindre modération.

Quel dispositif d’assainissement pour le lagunage des eaux usées ?

Il faut savoir que le système de lagunage implique l’usage de surfaces importantes (entre 10 et 20 mètres carrés par équivalent-habitant). À cet effet, les nuisances olfactives sont importantes et surtout permanentes, sans oublier la présence des moustiques et des larves en toutes saisons. Pour toutes ces raisons, ce système est strictement déconseillé dans le cadre d’un assainissement individuel. Il est par contre très pratique pour un assainissement semi-collectif.

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