Fosse Septique : Définition et Fonctionnement
Définition
Une fosse septique est un réservoir enterré de traitement primaire des eaux usées domestiques qui sépare les matières solides des liquides par décantation et décomposition anaérobie. Ce dispositif d’assainissement non collectif permet le prétraitement des eaux vannes (WC) et parfois des eaux ménagères avant leur évacuation vers un système d’épuration complémentaire.
Explication détaillée
Principe de fonctionnement
La fosse septique fonctionne selon un processus biologique naturel en trois phases distinctes :
Phase de décantation : Les eaux usées entrent dans la fosse par la canalisation d’arrivée. Les matières lourdes (sables, débris) se déposent au fond du réservoir, formant les boues primaires. Les graisses et huiles, plus légères, remontent à la surface et constituent l’écume.
Phase de fermentation : Dans la zone médiane, les bactéries anaérobies (qui vivent sans oxygène) décomposent progressivement les matières organiques contenues dans les boues. Cette fermentation produit des gaz (méthane, hydrogène sulfuré) évacués par le système de ventilation.
Phase de clarification : L’eau clarifiée, située entre les boues et l’écume, s’évacue vers l’exutoire par un dispositif siphoïde qui empêche les matières flottantes de sortir de la fosse.
Caractéristiques techniques
Capacité : Le volume de la fosse se calcule selon le nombre d’habitants (3 m³ pour 5 personnes, jusqu’à 10 m³ pour 20 personnes).
Matériaux : Béton, plastique renforcé (PEHD) ou fibre de verre, tous résistants à la corrosion et étanches.
Géométrie : Forme rectangulaire ou cylindrique, avec un rapport longueur/largeur optimal de 2/1 pour favoriser la décantation.
Équipements : Cloisons siphoïdes, dispositif d’aération, regards de visite étanches.
Exemple concret
Dans une maison familiale de 4 personnes, une fosse septique de 3 m³ reçoit quotidiennement environ 600 litres d’eaux usées. Les matières solides représentent 2 à 3 % du volume total. Après 24 à 48 heures de séjour, l’eau ressort clarifiée à 70-80 % mais encore chargée en pollution dissoute. Elle nécessite donc un traitement complémentaire (épandage souterrain, filtre à sable) avant rejet dans le milieu naturel.
À ne pas confondre avec
fosse toutes eaux : Contrairement à la fosse septique qui ne traite que les eaux vannes, elle reçoit toutes les eaux usées domestiques (WC + cuisine + salle de bain).
Bac à graisses : Dispositif spécifique aux eaux de cuisine, plus petit et nécessitant un entretien fréquent.
Station d’épuration individuelle : Système plus complexe avec traitement biologique aérobie, produisant une eau directement rejetable.
Puisard : Simple collecteur sans traitement, aujourd’hui interdit pour les eaux usées.
En pratique
Installation
L’implantation respecte des distances réglementaires : 3 mètres minimum des limites de propriété, 5 mètres des fondations, 35 mètres d’un captage d’eau potable. Le terrassement nécessite un sol stable et une évacuation gravitaire vers le traitement secondaire.
Entretien
Vidange : Obligatoire tous les 4 ans en moyenne, lorsque les boues occupent 50 % du volume utile.
Contrôle : Vérification annuelle des niveaux, de l’étanchéité et du fonctionnement des dispositifs.
Surveillance : Éviter les produits toxiques (javel, solvants) qui perturbent l’activité bactérienne.
Réglementation
Soumise au contrôle du SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif), la fosse septique doit respecter la norme NF DTU 64.1 et faire l’objet d’une déclaration en mairie avant installation.
Termes associés
- Assainissement non collectif (ANC) : Système de traitement individuel des eaux usées
- Eaux vannes : Eaux usées des toilettes
- Épandage : Système de traitement secondaire par infiltration dans le sol
- SPANC : Service public de contrôle de l’assainissement non collectif
- Liquéfaction : Transformation des matières solides en liquide par fermentation
- Temps de séjour : Durée de rétention des eaux dans la fosse
- Préfiltre : Dispositif de protection du système d’épuration aval
